House

“Waiting is what a true house is about. Making it ours, making it settle, pinning it and us to the seasons, to the months and to the years.”

Completely obsessed with this quote, taken from the beginning of Elmet by Fiona Mozley. While the boat currently serves as a quite comfortable home, its return to bone fide bookshop status is dependent on us one day moving off it, and into the wobbly stone house we bought four years ago now, up on the hill above the canal.

Progress to date: we’re connected to water, electricity, and the little shed in the garden has been converted into a sort of writing den/office. I’ll put pictures of that up on the blog soon. The main building, however, remains largely uninhabitable. I say ‘largely’ because a surprising number of creatures actually find it perfectly comfortable as is. Bats and brambles in the main, but also an extended family of lizards on the outside south-facing wall. The sun starts it up like a computer screen and out they all come, each the darting pointer of a mouse alternately hovering over and skidding from brick to brick.

How long before we can share the space with them? Before last month there was a chance that, by the end of spring, we could have the rudiments of a kitchen and temporary bathroom in. But then a builder visited and brought that dream crashing down – rather literally. The series of cracks which we’d noted before buying the house, and which have since grown steadily, worryingly wider with subsidence, means the whole building will now have to be demolished and rebuilt.

It’s the shittiest of news. Perhaps the only saving grace is that progress last year had been so stalled by day jobs and money and a fair bit of plain laziness as well. We swung in the hammock a little too often, and got a sad thrill watching three stunted aubergines grow on the veg patch in late summer. But discovering the Elmet quote makes that all seem somehow ok.

I love this book for so many reasons; for the bare-knuckle fighting, and cups of tea, and extraordinary horror at the end; because it’s author is a fellow bookseller; because in some places it feels like a (very, very) adult Danny the Champion of the World; because the Yorkshire dialect is so deftly – and simply – rendered. But mostly I like it because Elmet is all about home, and the only novel I’ve read which truly understands that making one is as much about putting down roots as piling up new walls.

 

«Une vraie maison, c’est attendre: attendre de la faire nôtre, de l’installer, de l’épingler et nous avec au calendrier des saisons, des mois et des années.»

Je suis totalement obsédée par cette citation, tirée de l’incipit d’Elmet de Fiona Mozley. Alors que le bateau fait actuellement office de maison assez confortable, son retour au statut de librairie dépend de notre départ, le jour où nous le quitterons pour nous installer dans la maison de pierres branlante que nous avons achetée il y a quatre ans, sur la colline au-dessus du canal.

Progrès à ce jour: nous sommes connectés à l’eau, à l’électricité, et le petit abri de jardin a été transformé en une sorte de bureau d’écriture. Je mettrai bientôt des photos sur ce blog. Le bâtiment principal reste, cependant, en grande partie inhabitable. Je dis «en grande partie» parce qu’un nombre surprenant de créatures le trouvent confortable tel quel. Ce sont pour la plupart les chauves-souris et les ronciers, mais il y a aussi une famille nombreuse de lézards sur le mur extérieur exposé au sud. Le soleil semble allumer celui-ci tel un écran d’ordinateur et les voilà qui sortent, comme les flèches de la souris sur l’écran glissant sur les briques ou dérapant de l’une à l’autre.

Combien de temps avant que nous puissions partager les lieux avec eux? Avant le mois dernier, nous croyions que les rudiments d’une cuisine et une salle de bain temporaire seraient finis au printemps. Mais un maçon est venu et a complètement anéanti nos espoirs. La série de fissures que nous avions notées avant d’acheter la maison, et qui ont augmenté de façon constante et inquiétante à cause de l’affaissement du sol, signifie que le bâtiment devra désormais être démoli et reconstruit.

C’est une nouvelle totalement merdique. Rachetée uniquement par le fait que les progrès de l’année dernière avaient été vraiment freinés par le travail et l’argent – et aussi la paresse. Nous nous sommes détendus dans le hamac (un peu trop souvent), et nous avons éprouvé un frémissement en regardant pousser trois aubergines rabougries dans le potager à la fin de l’été. Mais la découverte de la citation d’Elmet remet tout en perspective.

J’aime ce livre pour de nombreuses raisons; pour les pugilats, et les tasses de thé, et pour l’incroyable horreur à la fin; parce que l’auteur est un collègue libraire; parce que quelquefois il a l’impression d’être une version très très adulte de Danny le Champion du Monde; parce que le dialecte du Yorkshire est si habilement – et simplement – rendu. Mais surtout je l’aime parce qu’Elmet est entièrement absorbé par la maison. C’est le seul roman que j’ai lu qui comprend vraiment que bâtir une maison signifie autant prendre racines que monter de nouveaux murs.