Kidswear according to Katherine Rundell

Ever since John Lewis announced it was going gender neutral in its children’s clothing range, I can’t help considering how kids’ authors are also doing their bit for progressive wardrobes. I’m mainly thinking of Katherine Rundell, to be honest, after flying through Rooftoppers and now chowing down on her latest, The Explorer. And having already been delighted by the heroine’s complete disregard for female fashion – and even footwear – in the first book, I’ve come to the bit in Rundell’s subsequent adventure yarn where Fred – one of four children lost in the Amazon following a plane crash – is given a sartorial nudge by the mysterious stranger he encounters at the site of an ancient, undiscovered city.

“Why did you dress like a minor state administrator to come to the jungle?” Fred’s mocked over his school uniform-and-cricket-jersey combo. “You look like you’re running for mayor of Tunbridge Wells.”

The speaker himself is curiously attired. There’s that black fur jacket, for a start, still “with feet and faces attached” and adorned with caiman teeth buttons, leather cuffs. Then the crocodile skin shoes with thin vines for laces, a snake-scale signet ring. Later he admits to once fashioning a scarf out of live monkeys (although ‘scarf’ may have been “a somewhat hubristic exaggeration – I draped half a dozen small monkeys around my shoulders. It was not ideal.”).

So what is ‘ideal’ when it comes to clothing kids? There was a scathing piece on The Cut recently calling out hipster parents who propagate an “elegant serf” aesthetic instead. If you’re not sure what that looks like on a pre-schooler, check out Instagram where examples of it abound. “Fabrics worn on whaling vessels,” is how the article neatly sums it up.

It’s pretentious mock-peasant stuff, basically, and although it’s not pink or blue, at least, being dyed by beet doesn’t necessarily make it any better. I think Rundell would agree. Her explorer certainly has no time for whimsical wardrobes. His advice is quite clear: “You should always dress as if you might be going to the jungle,” he insists. “You never know when you might meet an adventure.”

It’s a style rule that adult readers would do equally well to consider. Even if, as Fred replies defensively, you’re “much more likely to meet a geography teacher than an adventure”.

 

Depuis que John Lewis a annoncé que sa gamme de vêtements pour enfants allait devenir unisexe, je ne peux m’empêcher de penser que les auteurs pour enfants jouent aussi un rôle progressiste dans le domaine de la mode.

En réalité, c’est principalement Katherine Rundell qui me vient à l’esprit, après avoir lu Rooftoppers et alors que je me plonge à présent dans son dernier ouvrage, The Explorer. J’avais été enchantée par le mépris total de l’héroïne pour la mode féminine (jusqu’aux chaussures) dans son premier livre, et maintenant j’arrive au moment du conte suivant où Fred (un des quatre enfants perdus dans l’Amazonie suite à un accident d’avion) reçoit un coup de coude vestimentaire de la part du mystérieux étranger qu’il rencontre sur le site d’une ancienne ville encore inexplorée.

«Pourquoi t’être habillé comme un petit fonctionnaire pour venir dans la jungle ?», raille-t-il Fred à cause de son association d’un uniforme scolaire avec un pull de cricket. «Tu as l’air de te porter candidat à la mairie de Tunbridge Wells.»

Celui qui parle ainsi est lui-même curieusement accoutré. Pour commencer, il y a cette veste en fourrure noire, «avec les pieds et les visages (encore) attachés», ornée de boutons en dents de caïmans et de poignets en cuir. Puis il y a aussi les chaussures en peau de crocodile avec de fines lianes en guise de lacets, une chevalière en écailles de serpent. Plus tard, il admet avoir un jour créé une écharpe à partir de singes vivants (même si «écharpe» passe pour «une exagération quelque peu exubérante – j’ai drapé une demi-douzaine de petits singes autour de mes épaules, ce qui n’avait rien d’idéal»).

Dans ce cas, qu’est-ce qui est «idéal» en matière de vêtements pour enfants? Il y a eu récemment un article cinglant dans The Cut dénonçant les parents branchés qui propagent une esthétique de «serf élégant». Si vous n’êtes pas sûr de ce à quoi cela ressemble sur un bambin, consultez Instagram où les exemples abondent. L’article le résume de la sorte : «les tissus portés sur les baleiniers».

Ce sont des trucs prétentieux de pseudo-paysans en somme, et bien qu’ils ne soient pas roses ou bleus (c’est déjà ça), être teints avec de la betterave n’apporte pas forcément un plus. Je pense que Rundell serait d’accord. Son explorateur n’a absolument pas le temps de se constituer une garde-robe originale. D’ailleurs, son conseil se fait insistant : «Toujours s’habiller comme si on partait dans la jungle. On ne sait jamais quand l’aventure pourrait survenir.»

C’est une règle esthétique que les lecteurs adultes feraient bien de suivre également. Même si, comme l’indique Fred sur la défensive, il est plus probable de «rencontrer un professeur de géographie qu’une aventure».