On purpose

A nice thing about deciding to reopen the shop soon and writing here again is the steer it’s given. Maternity leave can be a funny old business – a not-quite-sure-how-to-navigate-days. Often even before then too… But maybe all that was missing was a sense of purpose.

In The Underground Railway, Colson Whitehead devotes a whole chapter to this subject. It concerns a man called Ridgeway (the Javert character in this story of an escaped slave in 19th-century America) and how, as a young adult, he searched relentlessly for direction in life – “to find his spirit”, as his father put it.

The father himself, a blacksmith, has it in bucketloads. It even extends to the metal he works. In possibly the most beautiful image in the book, Whitehead writes how the colour in his molten iron “emerged in the stock slow and then fast, overtaking it like an emotion”. He notes “the sudden pliability and restless writhing of the thing as it waited for purpose”. There can hardly be a better description of the energy that purpose brings; the transformation from our default, dull lumpen-ness. Having a bookshop to think about again is doing that.

And more. I used to be suspicious of any attempt to blueprint the future. ‘Planning’ has been a dirty word for a long time. Now, however, I can start to appreciate its utility. Lists are forming, notes jotted down. To borrow Whitehead’s other great metaphor in the book – the railway – plans are nothing more sinister than the tracks we lay for the hurtling engine of its lexical cousin, purpose. Like this, they’re not so much lazy synonyms as capable of extraordinary synergy. Or so I keep telling myself.

Ridgeway ultimately discovers his own (gruesome) purpose in hunting humans. His relentless pursuit of one in particular, a cotton-picker named Cora, drives the entire novel. And it’s an outstanding novel. Please, read it. It’s Black History Month for another few days should you need any other reason.

 

Décider de la réouverture prochaine du magasin et recommencer à écrire ce blog me permet de retrouver le cap. Le congé de maternité peut être un défi – la sensation d’être déboussolée. Mais n’était-ce pas déjà le cas avant ?… Peut-être que tout ce qui manquait était le sentiment d’avoir un but.

Dans The Underground Railway, Colson Whitehead consacre un chapitre entier à cette thématique. Un jeune homme du nom de Ridgeway (sur le modèle du Javert de Victor Hugo dans ce récit d’une esclave en fuite dans l’Amérique du XIXème siècle) cherche sans relâche la direction de sa vie, ce qui revient, selon son père, à «trouver son esprit».

Ce même père, forgeron de profession, en possède en abondance et l’étend même au métal qu’il travaille. Dans la plus belle image du livre, Whitehead écrit que la couleur du fer fondu «a émergé d’abord lentement puis rapidement, le submergeant comme une émotion». Il note «la souplesse soudaine et la convulsion fébrile de l’objet en attente de sa finalité». Peut-on trouver meilleure description de l’énergie que la motivation procure : la transformation de notre terne quotidien ? Penser de nouveau à la librairie me fait cet effet

Et ce n’est pas tout. J’avais l’habitude de me méfier de toute tentative de planification de l’avenir. «Planifier» fut pour moi un gros mot pendant longtemps. Maintenant cependant, je peux commencer à apprécier son utilité. Des listes se forment, des notes sont égrenées. Pour filer la métaphore du chemin de fer qui parcourt l’ouvrage de Whitehead, les projets sont tout aussi sinistres qu’une voie ferrée qu’on construit pour la locomotive à grande vitesse de son cousin lexical : la finalité. De la sorte, ils ne sont plus de simples synonymes mais participent d’une synergie extraordinaire. Du moins c’est ce dont je me persuade !

Ridgeway découvre finalement sa motivation personnelle, qui est horrible, dans la chasse à l’homme. Sa poursuite incessante d’une femme en particulier, une cueilleuse de coton qui s’appelle Cora, sous-tend le roman entier. Et c’est un roman exceptionnel. S’il vous plaît, lisez-le. Au cas où vous auriez besoin d’un prétexte : c’est le Mois de l’Histoire des Noirs pour encore quelques jours…